La Suissesse Claudia Abbt apparemment libérée après 18 mois de captivité
La Suissesse de 69 ans serait arrivée à Benghazi avec l’otage autrichienne Eva Gretzmacher. Une vidéo les montre libres, mais le DFAE doit encore confirmer.

Enlevée au Niger, la Suissesse Claudia Abbt aurait été libérée après près d’un an et demi de captivité. Agée de 69 ans, elle serait arrivée à Benghazi, dans l’est de la Libye, dans la nuit du mercredi au jeudi 22 octobre, avec l’otage autrichienne Eva Gretzmacher. Dans une vidéo, les deux femmes déclarent être libres. Jeudi matin, le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) n’avait toutefois pas encore confirmé leur libération.
Ces images semblent annoncer la fin d’une longue détention. Claudia Abbt avait été enlevée en avril 2025 à Agadez, au Niger, et Eva Gretzmacher trois mois auparavant. Toutes deux vivaient dans cette ville, où elles menaient leurs propres projets. Les circonstances de leur libération présumée et la date à laquelle elles pourraient quitter la Libye restent inconnues.
«Maintenant, je suis heureuse d’être libre»
La vidéo montre deux femmes qui paraissent épuisées. Assises sous un portrait du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, elles s’expriment en français. Claudia Abbt donne son nom, sa nationalité et son âge, puis déclare: «J’ai été prise en otage il y a un an et six mois. Maintenant, je suis heureuse d’être libre.»
Eva Gretzmacher, 76 ans, se présente à son tour. Elle indique avoir passé un an et neuf mois en captivité. Les deux femmes remercient Khalifa Haftar et son fils Saddam Haftar. Ce dernier serait intervenu en faveur de leur libération à la demande des familles. Lieutenant-général, il occupe la fonction de commandant en chef adjoint au sein de l’appareil militaire de son père.
Cette apparition constitue une preuve de vie importante et un indice fort d’une libération. Elle ne permet cependant pas de répondre à toutes les questions. Leur fatigue apparente ne suffit pas à établir un bilan médical. Aucune précision n’est encore disponible sur leur prise en charge ni sur les démarches nécessaires à leur départ. Pour la Suisse, la confirmation attendue du DFAE reste donc essentielle.
Deux enlèvements dans la même ville
Claudia Abbt a été enlevée à son domicile d’Agadez le 13 avril 2025. Située dans le nord du Niger, aux portes du Sahara, cette ville était au cœur de sa vie. Mariée à un Nigérien, la Suissesse y avait fondé l’organisation Tellit, qui soutient les artisanes et les artisans. Son engagement l’avait ainsi étroitement liée à la population locale.
Eva Gretzmacher s’était installée à Agadez en 1997. Elle y avait travaillé auprès des jeunes pendant près de trois décennies. Le soir du 11 janvier 2025, des hommes armés avaient fait irruption chez elle, avant de la contraindre à monter dans un véhicule tout-terrain et de l’emmener. Les deux femmes n’avaient donc pas été kidnappées ensemble, mais à environ trois mois d’intervalle.
Le groupe terroriste Etat islamique au Grand Sahara avait revendiqué les enlèvements. Fin avril 2025, il avait diffusé une photographie de l’Autrichienne. Les deux otages auraient été retenues dans la zone frontalière entre le Niger et le Mali. Leurs lieux de détention précis ne sont pas connus. On ignore également par quel itinéraire elles auraient désormais rejoint Benghazi.
Berne avait maintenu le dialogue avec le Niger
Le sort de Claudia Abbt a été abordé à plusieurs reprises par les autorités suisses lors d’échanges avec les autorités de Niamey, la capitale nigérienne. Berne avait maintenu ses contacts après le coup d’Etat militaire. Contrairement à la France, la Suisse n’avait pas rompu le dialogue avec les dirigeants du Niger, préservant ainsi des canaux permettant notamment d’évoquer cet enlèvement.
Il est impossible, à ce stade, de déterminer le rôle joué par ces échanges dans la libération présumée. La tenue de discussions ne permet pas, à elle seule, d’attribuer à la Suisse une contribution concrète à cette issue. Une éventuelle participation de représentants suisses à la remise des otages ou à leur transfert vers la Libye n’est pas davantage établie. Pour l’heure, c’est surtout la médiation attribuée à Saddam Haftar qui est mise en avant publiquement.
Pour les proches, les préoccupations immédiates devraient être la sécurité des deux femmes, leur prise en charge et la possibilité de les retrouver. Aucune date de retour n’est encore connue pour Claudia Abbt. Les conditions de la libération restent elles aussi incertaines. On ignore notamment si des contreparties ont été convenues.
Benghazi, dans la zone d’influence de Haftar
L’apparition des deux femmes à Benghazi donne une importance particulière au contexte politique de cette médiation présumée. La Libye demeure profondément divisée depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Deux gouvernements rivaux se disputent le pouvoir. A Tripoli siège celui d’Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l’ONU. Dans l’est du pays, un autre gouvernement s’appuie sur Khalifa Haftar et son entourage.
Le rôle exact de son fils dans la libération n’a pas encore été éclairci. Les remerciements des deux femmes montrent à qui elles attribuent leur retour à la liberté, sans révéler le déroulement des négociations. Les prochaines étapes seront donc la confirmation officielle, des précisions sur leur état de santé et l’organisation d’un départ en sécurité. Pour la Suisse, cette issue marquerait la fin d’une affaire d’enlèvement qui dure depuis avril 2025.
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