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Regine Sauter renonce à se représenter en 2027: le PLR zurichois face à la relève

La conseillère nationale zurichoise veut encore faire avancer les Bilatérales III et l’AVS avant son départ. De nouvelles responsabilités l’attendent aussi dans le val Bregaglia.

Rédaction 26news4 min de lecture
Le Palais fédéral à Berne, de nuit, lors de la Nuit des musées de 2006.
Le Palais fédéral à Berne, de nuit, lors de la Nuit des musées de 2006.

Regine Sauter ne briguera pas de nouveau mandat lors des élections fédérales de l’automne 2027. La conseillère nationale PLR zurichoise, spécialiste des questions économiques, annonce sa décision dans une lettre personnelle. Après douze ans à la Chambre du peuple, elle entend laisser la place à la prochaine génération politique. Son départ marque une nouvelle étape dans le renouvellement du PLR zurichois: Hans-Peter Portmann a lui aussi annoncé qu’il ne se représenterait pas.

Regine Sauter explique avoir pris sa décision «après mûre réflexion». Contribuer à façonner les conditions-cadres de la Suisse a toujours été pour elle un privilège, une tâche accomplie «avec beaucoup de respect et de plaisir». Il ne s’agit toutefois pas d’une démission immédiate. Jusqu’au terme de la législature, l’élue poursuivra son travail parlementaire avec l’ambition de faire avancer plusieurs dossiers majeurs.

L’Europe et l’AVS comme dernières priorités

Pour sa dernière année au Palais fédéral, Regine Sauter fixe des priorités claires. Elle entend s’engager «avec toute son énergie» en faveur d’une conclusion positive des Bilatérales III et de la réforme de l’AVS. Présidente de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national, elle souhaite aussi boucler autant d’objets en suspens que possible durant cette législature.

Ces chantiers dépassent largement les frontières zurichoises. Les relations avec l’Union européenne touchent à la coopération économique avec les pays voisins et à l’accès au marché européen. L’AVS reste, elle, centrale pour la sécurité financière à la retraite. Dans les deux cas, les décisions concernent durablement la population et l’économie, en Suisse romande comme ailleurs dans le pays.

Ces priorités s’inscrivent dans le profil politique que Regine Sauter a construit au fil des ans: une économie libérale, une politique extérieure ouverte et une place scientifique forte. Le PLR zurichois salue son engagement pour réduire la bureaucratie, encourager l’innovation et assurer des conditions solides aux entreprises suisses. Le parti regrette sa décision et la remercie de son engagement constant en faveur de la politique libérale.

Son président, Filippo Leutenegger, souligne: «Regine Sauter allie les valeurs fondamentales du libéralisme à une grande connaissance des dossiers. Que ce soit en politique de la santé ou pour la place économique zurichoise, elle recherche toujours des solutions viables.»

Du parlement zurichois au Palais fédéral

Le parcours parlementaire de Regine Sauter commence au Grand Conseil zurichois, où elle siège de 2004 à 2015. A l’automne 2015, les électrices et électeurs du canton l’envoient au Conseil national. Lors des élections de 2027, elle pourra ainsi regarder en arrière sur plus de deux décennies passées dans les parlements cantonal et fédéral.

Née en 1966 à Schaffhouse, elle grandit à Flurlingen, dans le Weinland zurichois. Elle étudie les sciences politiques à l’Université de Saint-Gall, puis obtient en 1995 un doctorat avec une thèse consacrée à la protection des données. Parallèlement à ses mandats politiques, elle assume des responsabilités importantes dans des organisations économiques et sanitaires.

De 2012 à fin 2023, Regine Sauter dirige la Chambre de commerce de Zurich. Depuis 2023, elle préside l’association des hôpitaux H+. L’économie et la santé constituent donc non seulement ses principaux domaines d’activité parlementaire, mais aussi des axes forts de son parcours hors du Palais fédéral.

En 2018, son nom est même évoqué pour une candidature au Conseil fédéral. Après l’annonce du départ de Johann Schneider-Ammann du gouvernement, elle renonce toutefois à se lancer. Elle soutient alors Karin Keller-Sutter, qui sera ensuite élue.

L’échec aux Etats et le défi de la relève

Le revers le plus marquant de sa carrière intervient aux élections de 2023. Après le retrait de Ruedi Noser, Regine Sauter se présente pour défendre le siège zurichois du PLR au Conseil des Etats. Au premier tour, elle arrive troisième avec environ 120 000 voix, derrière Daniel Jositsch, élu directement, et le candidat UDC Gregor Rutz.

Elle retire sa candidature pour le second tour. Le siège revient finalement à Tiana Moser, alors conseillère nationale vert’libérale. Cette élection met fin à quelque quarante ans de présence radicale-libérale zurichoise au Conseil des Etats. Regine Sauter est néanmoins réélue simultanément au Conseil national, où elle poursuit son travail.

Son départ annoncé accentue le renouvellement de la délégation PLR zurichoise à la Chambre du peuple, qui compte cinq membres. Avec elle et Hans-Peter Portmann, deux sortants ne se représenteront pas en 2027. Une troisième place pourrait se libérer si Andri Silberschmidt est élu au printemps au Conseil d’Etat zurichois. Les deux autres membres actuels sont Beat Walti et Bettina Balmer.

Pour le parti cantonal, les prochaines élections ne se résumeront donc pas à défendre ses sièges. Il devra aussi remplacer plusieurs personnalités expérimentées. L’ampleur de ce renouvellement dépendra notamment de l’issue de l’élection au gouvernement cantonal.

Une nouvelle responsabilité dans le val Bregaglia

Regine Sauter prépare déjà la suite. Au printemps 2027, elle prendra la présidence de la Fondation Garbald. Celle-ci veille à la préservation de la Villa Garbald, dans le val Bregaglia, aux Grisons, seul édifice de Gottfried Semper au sud des Alpes. La fondation y accueille un centre de rencontres scientifiques et culturelles.

Cette fonction lui ouvrira un autre cadre d’action que la politique fédérale et les milieux économiques zurichois. Dans un premier temps, les deux activités se chevaucheront: la présidence commencera au printemps, tandis que sa dernière législature ne s’achèvera qu’après les élections fédérales de l’automne 2027. D’ici là, Regine Sauter veut accompagner son départ politique de progrès concrets dans les dossiers encore ouverts.

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