Schmid renonce: Amaudruz reste seule en lice à l’UDC pour le Conseil fédéral
Le responsable de l’asile à l’UDC renonce à succéder à Guy Parmelin. A trois jours du délai de candidature, seule Céline Amaudruz s’est déclarée. Plusieurs noms circulent encore.

Pascal Schmid ne briguera pas le Conseil fédéral. Le conseiller national UDC thurgovien de 50 ans a exclu, mardi 20 octobre, de se porter candidat à la succession du président de la Confédération Guy Parmelin. Il entend se concentrer sur l’élection au Conseil des Etats de l’an prochain. Pour le scrutin de décembre, une seule candidature reste donc officiellement déclarée: celle de la conseillère nationale genevoise Céline Amaudruz. L’UDC dispose encore de trois jours avant la clôture des candidatures, vendredi.
Ce renoncement touche un point sensible pour le parti. Responsable de l’asile à l’UDC, Pascal Schmid correspondait particulièrement bien au profil recherché. La formation a expressément indiqué que les candidatures potentielles devaient aussi pouvoir reprendre le dossier de l’asile au Conseil fédéral. Christoph Blocher avait d’ailleurs publiquement salué ses compétences et ses qualités de dirigeant, tout en mettant en avant son expérience d’ancien juge.
Mais le Thurgovien, qui siège au Conseil national depuis seulement trois ans, a d’autres priorités. Son choix personnel est arrêté, sans qu’il considère pour autant la course comme jouée. Il s’attend à de nouvelles candidatures: «Il va encore se passer pas mal de choses d’ici au délai de vendredi.»
Les renoncements s’accumulent
Depuis l’annonce du départ de Guy Parmelin, début octobre, la liste des personnalités qui renoncent s’est nettement plus allongée que celle des candidatures. La conseillère nationale grisonne Magdalena Martullo-Blocher s’est rapidement retirée de la course. La conseillère aux Etats saint-galloise Esther Friedli et la conseillère d’Etat zurichoise Natalie Rickli ont ensuite décliné. Toutes deux figuraient parmi les successeures potentielles les plus en vue.
Le conseiller d’Etat schwytzois André Rüegsegger et le conseiller national soleurois Christian Imark ne sont pas non plus disponibles. Avec Pascal Schmid, le parti perd une autre possibilité: un élu exerçant une fonction importante en son sein et dont le parcours correspondait au profil souhaité.
Ces refus ne permettent toutefois pas de dégager une explication commune. Schmid évoque un autre objectif concret, sa candidature prévue au Conseil des Etats. Le retrait de plusieurs figures connues ne signifie pas davantage qu’une seule candidature sera finalement déposée. Il réduit néanmoins le cercle des personnalités parmi lesquelles l’UDC pourra constituer son ticket officiel.
Amaudruz est prête, mais rien n’est acquis
Vice-présidente de l’UDC Suisse, Céline Amaudruz occupe une fonction importante dans le parti. Proche du président de la Confédération sortant, la Genevoise est connue en Suisse romande. Tant qu’aucune autre candidature officielle n’émerge, elle se trouve au centre du débat sur la succession.
Son poids au sein du groupe parlementaire fait cependant l’objet d’appréciations différentes. Côté alémanique surtout, certains émettent des réserves: sa visibilité publique et sa place à la direction du parti ne suffisent pas, à leurs yeux, à lui conférer une position prééminente dans le groupe. Etre l’unique candidate déclarée ne lui garantit donc pas une nomination.
A l’inverse, le faible nombre de candidatures accroît la pression sur les responsables. Si l’UDC ne souhaitait pas retenir Amaudruz sur son ticket officiel, elle devrait présenter des alternatives convaincantes. Sans autre candidature, il serait politiquement difficile de justifier l’exclusion de sa propre vice-présidente.
Pour le premier parti du pays et du Parlement, l’enjeu concerne aussi sa capacité à proposer des personnalités pour gouverner. Il y a environ un an et demi, Le Centre avait déjà peiné à constituer un ticket à deux pour succéder à Viola Amherd. L’UDC doit maintenant montrer qu’elle peut offrir un véritable choix.
Plusieurs figures n’ont pas encore tranché
Des élus connus n’ont toujours pas renoncé, parmi lesquels les conseillers nationaux Franz Grüter, de Lucerne, Thomas Matter, entrepreneur zurichois, et Michael Graber, du Valais. Ce dernier poursuit sa réflexion sur une candidature. Une absence de refus ne vaut toutefois pas déclaration d’intérêt officielle.
L’attention se porte notamment sur le chef du groupe parlementaire, le Zougois Thomas Aeschi. Déjà candidat au Conseil fédéral en 2015, il avait alors été battu par Guy Parmelin. Un premier échec n’empêche pas une élection ultérieure: la ministre des Finances Karin Keller-Sutter a elle aussi rejoint le gouvernement à sa deuxième tentative.
Une candidature issue de ce cercle donnerait davantage de poids à la procédure. Reste à savoir si l’une de ces figures se mettra effectivement à disposition. D’ici à vendredi, les noms qui circulent devront se traduire par des candidatures fermes.
Les cantons pourraient élargir le choix
Deux conseillers d’Etat sont également évoqués: le Bernois Pierre-Alain Schnegg et l’Argovien Jean-Pierre Gallati. Tous deux sont responsables de l’asile dans leur canton et rempliraient ainsi une exigence centrale de l’UDC. Francophone, Schnegg pourrait aussi élargir le choix sur le plan linguistique.
Leur expérience exécutive pourrait compter au-delà de leur parti. Siéger dans un gouvernement cantonal implique de connaître les exigences des décisions collégiales. Pour la gauche du Parlement notamment, cette pratique peut constituer un argument dans l’évaluation d’une candidature UDC.
Car c’est l’Assemblée fédérale, Chambres réunies, qui élira la personne appelée à succéder à Guy Parmelin, et non l’UDC seule. La répartition ultérieure des départements relève du Conseil fédéral lui-même: le profil souhaité en matière d’asile ne garantit donc aucune attribution particulière. Pour l’heure, le prochain rendez-vous reste vendredi. On saura alors si Céline Amaudruz aura de la concurrence et sur quelle diversité de candidatures l’UDC pourra s’appuyer pour l’élection de décembre.
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